Comment rendre son patient heureux et confortable sans hypno/keta?

 

Quand je parle d’hypnose médicale autour de moi, je reçois 2 types de réponses:

  • La réponse des curieux sarcastiques

Les curieux sont intrigués par cette « nouvelle » façon de faire de l’anesthésie, ils sont peut être attirés par le côté mystique/magique/obscur/…. de l’hypnose. En general j’ai droit à des remarques du style : « alors le magicien, ca marche ton truc d’hypnose là? » ou « tu veux pas essayer sur moi, dis steuplé…. » ou encore « vous faites des seances de groupe?? La lévitation vous en faites? vous volez vraiment? »

 

  • La réponse des refractaires:

Les réfractaires sont totalement fermés à ce type de pratique, soit par incompréhension, par croyance ou tout simplement par peur. J’ai droit à des remarques du genre « c’est pas avec ton hypnose que tu vas réussir à lui mettre la Carlens » ou « c’est de l’effet placebo, c’est juste de la relaxation » ou encore « ca sert à quoi de lui faire imaginer qu’il est sur la plage alors qu’il va finir en réanimation? ».

 

Toutes ces réflexions ont le don de m’énerver. Alors vu que les images et les émotions valent mieux que des mots, voici une vidéo tournée dans le Groupe Hospitalier Mutualiste de Grenoble, qu’on nous a gentiment autorisé à diffuser à nos collègues pour faire passer le message.

Je vous invite donc à regarder cette vidéo jusqu’à la fin : L’absence de communication au bloc.

 

Alors? Que celui qui n’a pas ressenti le moindre malaise se désigne, il n’est certainement pas humain! Et que celui qui ne s’est pas au moins un peu reconnu dans cette vidéo le dise, soit c’est Mr Perfect, soit il ne travaille pas et ne voit pas de patients.

 

Cette situation là, tous les patients la vivent tous les jours au bloc opératoire, dans tous les hôpitaux du monde. Et pour beaucoup de médecin ca leur semble normal….

Est ce que ca vous semble normal de ne pas dire bonjour au patient ni de se présenter et de lui dire   « aller penchez vous en avant et rester immobile, ca va piquer…. mais bordel, restez immobile je vous dis, je vais pas arriver à vous piquer sinon….aller c’est bientôt fini, serrez les dents ca va passer » ….est ce que ca vous semble NORMAL? J’ai déja vu un anesthésiste réanimateur engueuler une patiente parce qu’elle pleurait car il avait du mal à lui faire son bloc paravertebral. C’est à croire que nous sommes dénués de toute humanité et de toute émotion… sommes-nous tellement blasés par ce qu’on a pu vivre et voir qu’on ne ressent plus aucune empathie?

Pour certains, on dirait qu’engueuler un patient pour qu’il arrête de bouger et d’avoir mal, ca leur semble plus normal que de lui parler gentiment avec douceur et empathie….(par ce que être empathique et compréhensif ça va 2 secondes, mais au bout d’un moment c’est chiant…..)

 

On a tous fait ce métier pour s’occuper des gens, les soigner, les rassurer. La qualité première d’un bon médecin est le respect et l’empathie envers le patient. Mais si vous trainez dans les blocs opératoires, en réanimation et aux urgences, vous verrez que cette empathie n’est pas toujours présente.

Le respect, la politesse et l’empathie envers les patients ont tellement disparu de nos pratiques qu’on a été obligé de créer des formations pour nous dire qu’il faut parler au patient de manière calme, positive et douce avec empathie et respect….oui je vous parle bien d’hypnose.

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La conversation hypnotique

 

En hypnose, on fait la différence entre hypnose dite « formelle » ou transe hypnotique (c’est-à-dire un protocole bien défini d’induction d’une hypnose profonde) et la conversation hypnotique ou hypnose conversationnelle. L’hypnose conversationnelle pourrait se résumer à un langage particulier : mots positifs, discussion avec le patient, appel à l’imaginaire et au passé agréable, confusion, synchronisation respiratoire ou pacing, mirroring ou « imitation » du patient et bien d’autres techniques….

Ces « techniques » de conversation hypnotique peuvent être utilisées seules sans avoir besoin d’induire un transe formelle. C’est uniquement une manière d’être et de parler, qui permet d’accompagner le patient. On y retrouve des éléments et techniques de psychologie, de méditation, de communication et aussi tout simplement des qualités humaines telles que l’empathie, le respect, la politesse et l’altruisme.

Ces techniques vont permettre au patient de se sentir écouté, réconforté et de sentir qu’on s’occupe bien de lui, afin de lui rendre le séjour au bloc opératoire plus agréable. D’autre part l’hypnose conversationnelle est une forme d’hypnose en soi, qui utilise l’imagination et donc l’inconscient du patient pour le distraire de ce qui se passe réellement dans la salle.

Certains patients choisissent de se faire opérer (chirurgie esthétique) mais la très grande majorité des patients n’a pas le choix. La periode périopératoire est déja suffisamment désagreable pour eux, si au moins vous pouvez leur rendre le séjour au bloc opératoire agréable et confortable, ils vous en seront reconnaissant. C’est d’ailleurs agréable d’entendre des patients vous remercier personnellement et d’avoir l’impression d’avoir une vraie connexion avec eux (autre que; avez vous un dentier, êtes vous à jeun….), c’est enrichissant et gratifiant.

Tout le monde peut faire de la conversation hypnotique sans savoir/vouloir faire de l’hypnose formelle.

 

Voila à quoi ca ressemble: L’hypnose conversationnelle positive.

 

Alors? C’est carrément mieux non? Plus de malaise mais plutôt un sentiment de joie, de bien-être et de reconnaissance. Dans cette dernière vidéo, plusieurs techniques ont été utilisées, mais il suffit de commencer par un seul petit changement dans nos attitudes et notre langage pour faire une grande différence!

 

Induction d'une transe hypnotique avec une catalepsie du bras

Induction d’une transe hypnotique avec une catalepsie du bras = technique d’hypnose formelle

 

J’espère avoir pu vous ouvrir les yeux, vous avoir fait réaliser l’importance d’une bonne communication avec le patient. Mes propos en début d’article étaient volontairement provocateurs et violent. On ne se rend souvent pas compte des mots et des images qu’on utilise, alors qu’elles sont très négatives et puissantes.

Pas besoin de vous convaincre, vous comprendrez tout seul qu’un patient confortable est beaucoup plus facile à gérer en pré,per et postopératoire qu’un patient qu’on traite comme un « bout de chair » sur lequel on met des perfusions, des cathéter et des capteurs. (excusez moi pour la brutalité de cette image mais parfois ca ressemble à ça). On est parfois tellement immergé dans l’aspect technique et scientifique de notre métier qu’on oublie qu’on a à faire à des vrais personnes. C’est tout simplement humain et normal de réconforter son patient et de le considérer avec toutes ses peurs, ses appréhensions et ses émotions. En plus si vous l’accompagnez depuis son accueil au bloc jusqu’à l’induction, vous aurez un réveil bien plus calme et aisé que si vous ne l’aviez pas fait. Il est même possible de suggérer au patient des idées de « protection contre la douleur » et des images d »estomac calme et serein » qui préviennent les NVPO!!

 

En attendant un article détaillé sur quelques techniques de conversation hypnotique, voici déjà quelques élèments à changer dans nos pratique:

  • Bannir les mots désagréables : il faut arrêter de dire des choses comme « je vais vous piquer » « prenez une grande inspiration je vais piquer » (= celle là c’est ma top 1 de la phrase que je déteste le plus!), « je désinfecte la peau ca va être un peu froid », « ca peut chauffer dans le bras », « ca peut faire un peu mal » « ca ne vas pas être très agréable mais ca va passer vite » « est ce que vous avez froid? » « vous êtes pas trop mal installé »?etc….. on remplace par un langage positif « vous pouvez avoir quelques sensations dans le bras » , »est ce que vous sentez cette fraicheur sur la peau, c’est agréable? » , « avez vous suffisamment chaud? » « êtes vous confortablement installé? »
  • Suggérer des sensations agréables : « est ce que vous sentez cette chaleur qui arrive sur la peau? » « Laquelle des deux jambes est la plus confortable? » « vous sentez ce petit courant d’air, on se croirai au bord de la mer sur la plage… »
  • Faire parler le patient de lui, s’intéresser à lui: poser des questions au patient, permet soit de le distraire (pour des questions assez terre-à-terre) et donc il en oublie les moments désagréables ou ca permet de le remettre dans un endroit agréable qu’il connait , ex: « ah les vacances aux Maldives, comment était la plage? » Ca s’appelle de la dissociation : le patient est physiquement avec vous, mais son esprit est ailleurs, il part dans son endroit agréable. Votre rôle est de l’accompagner et de lui poser des questions (au présent) sur ce qu’il voit/ce qu’il fait/ce qu’il entend….pour renforcer cette dissociation et lui faire vraiment imaginer son endroit agréable.
  • Faire appel à son imaginaire : utiliser son imagination et celle du patient pour activer des images agréables , ex: le bruit de la tocométrie ressemble à un galop de cheval , la chaleur de la couverture chauffante + le scialytique c’est comme si on était sur la plage avec le soleil qui caresse la peau, ou le bruit du scope ressemble un peu à une musique de jazz, le masque pour la préoxygénation c’est comme le masque de plongée ou le masque des pilotes de chasse…..
  • La confusion: on discute tranquillement avec le patient et au moment d’un épisode douloureux transitoire (pose de perfusion) ou lui pose une question qui n’a pas de sens, ce qui va le distraire de l’instant douloureux ex: « avez vous amené vos oreilles aujourd’hui? » « êtes vous allé au marché avec votre mari hier? », alors qu’il vous a dit qu’il était avec sa femme….Certains hypnothérapeutes utilisent aussi des rimes « et vous voyez ce temps qui s’étend et se détend, tant il es temps que ce temps s’étende… » = phrase qui ne veut absolument rien dire, l’idée est de saturer l’esprit du patient pour que sa partie consciente « décroche » et laisse la place à l’inconscient, ce qui permet d’induire une transe hypnotique.

 

 

DERNIER MESSAGE IMPORTANT: Faites tourner ces vidéos!!!! Faites les tourner pour que vos collègues anesthésistes, infirmiers anesthésistes, infirmier diplomé d’état, IBODE, chirurgien, urgentistes etc…. comprennent l’intéret de ce langage et d’une prise en charge plus douce, positive et personnalisée des patients. Pour les personnes motivés, je vous conseille aussi de montrer ces vidéos à vos administrations, à votre directeur d’établissement pour qu’il vous finance une formation et qu’il vous aide à mettre en place une stratégie d’amélioration de la qualité de prise en charge et d’accueil des patients.

 

Et Merci d’avoir pris le temps de me lire et de regarder les vidéos. Rien que le fait de voir ces vidéos et d’avoir une petite information sur ce que c’est vraiment une bonne communication avec le patient, ça permettra déjà de faire changer quelques petites choses dans votre pratique de tous les jours, d’améliorer la satisfaction des patients et d’informer vos collègues. D’ailleurs si vous pratiquez un peu l’hypnose conversationnelle au bloc, vous verrez que vos collègues s’y mettront spontanément et arrêteront de discuter fort dans la salle pendant que vous ferez votre induction. Ca permet aussi de changer l’ambiance au bloc, d’avoir des soignants plus heureux et contents d’être là.

 

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23 réponses

  1. Crea Henry Marie dit :

    Bonjour je suis Marie IADE et je pratique l’hypnose conversationnelle. C’est un réel benefice pour le patient. Diminution du stress, des doses des drogues d’anesthésie, réveil calme et serein…c’est vraiment super.!

    • Edvard dit :

      Merci pour ton témoignage Marie. En effet les réveils sont plus calmes et on a l’impression d’utiliser moins d’hypnotiques. Et puis c’est gratifiant de voir un patient heureux et qui vous remercie!

    • Anonyme dit :

      Je crois que l’on bossait ensemble en ortho au CHU (sylvie vinciarelli)
      Ca me ferait plaisir de communiquer avec toi.Je bosse à Epinal.

      FB ou mail(alain.vinciarelli@cgetel.net)

  2. Erwan dit :

    C’est marrant lors de nos études (IDE) ont nous apprend à prévenir le patient avant de piquer alors qu’il est plus intéressent de le distraire comme vous le suggérez.

    • Edvard dit :

      Salut Erwan,

      Ce qu’on vous apprend part d’un bon sentiment : il faut prévenir le patient avant de lui faire quoi que ce soit, l’informer etc….parce qu’on a peur qu’il soit surpris et mécontent si on ne le fait pas.
      De toute façon les patients sont informés en amont: ils savent qu’on va leur mettre une perfusion, qu’on va faire la rachianesthésie etc….
      L’important est de discuter avec eux et les faire focaliser sur leur souvenir ou sur l’imaginaire, ex: si je te pose des questions très détaillées sur un voyage que t’as fait dont tu as un souvenir extraordinaire, plus la question sera précise (ex: de quelles couleurs étaient les rochers sur la plage ) plus tu vas partir dans tes souvenirs a tel point que t’auras l’impression d’y être. Ta focalisation ne sera plus sur ce qu’il se passe dans la salle, mais sur ce que t’as vu comme rochers sur cette plage.
      Bien entendu, on n’est pas obligé de faire ça chez tout le monde. Certains patients arrivent en « conscience critique » c’est à dire toutafait zen, détendu, ils font des petites blagues, rigolent et discutent avec le personnel = ces patients ne vont pas tellement bénéficier de l’hypnose car ils n’en ont pas besoin = ils savent ce qu’il les attend, ils sont parfaitement au clair avec ça et « y a plus qu’à ».
      L’hypnose fonctionne très bien sur les patients stressés, anxieux qui sont en « transe négative » dans le couloir, en train d’attendre d’être installé. On le voit, ils ont les yeux écarquillés, regardent à gauche, à droite, en haut, ils ont l’air un peu paniqué. L’hypnose conversationnelle va donc être un outil efficace pour les ramener dans le « ici et maintenant » = conscience critique, puis les amener dans leurs souvenirs agréables « transe positive ».

  3. Pépé dit :

    On peut montrer toutes les vidéos que l’on veut aux décideurs…. L’hypnose n’est pas écrit dans les grilles de certification de l’HAS et aucun patient ne porte plainte quand il a eu des soins désagréable.

    Donc nos décideurs resteront le nez dans ce qui est obligatoire ou qui peut être puni.

    Et si tu leur parles d’hypnose (par exemple), ils te répondent qu’en regardant le tableau Excel des RH ; ça va pas être possible ; et Excel ne se trompe jamais…

    Mais on va essayer quand même 😉

  4. Fabienne dit :

    Merci Edvard d’insister sur cet aspect tellement important de la communication avec le patient à un moment stressant de sa vie (le passage dans un bloc opératoire). Je suis personnellement sensibilisée au sujet étant passée plusieurs fois de l’autre côté (en tant que patiente). J’ai fait la formation à la communication thérapeutique à Rennes et insiste tous les jours auprès des internes et Iades que je forme, sur l’interdiction de prononcer les mots « piquer », « froid », « douleur ».
    Malheureusement, notre travail au bloc opératoire est un travail en équipe et tous les jours, je suis confrontée à des éléments perturbateurs de la PEC positive : un brancardier qui « rassure » : vous n’allez pas tomber, bon courage ; la panseuse qui prévient que la plaque va être très froide alors que la Bairhugger a enveloppé le patient dans un cocon protecteur; une IDE qui réveille un patient visiblement confortable en SSPI en demandant : vous avez mal?… Certains jours, je n’ai plus envie de me battre contre ces éléments parasites et négatifs qui interfèrent dans un essai de PEC rassurante et positive.

    • Edvard dit :

      Merci pour ton commentaire Fabienne.
      En effet c’est très frustrant d’essayer d’amélioration la communication avec le patient et de faire la conversation hypnotique quand les autres n’y adhèrent pas ou nous « cassent » notre ambiance.
      C’est pourquoi l’hypnose est en général un projet de service ou tout le monde doit y être au moins sensibilisé.
      Pour ma part, je montre ces 2 vidéos au maximum de personnes pour qu’elles se rendent compte. Je commence déjà à voir quelques changements de comportements parmi les IADEs surtout ainsi que mes collègues MAR et les IBODEs. Mais c’est une « bataille » constante pour garder cet esprit positif au sein du bloc opératoire. Il faut y aller par étape : au lieu de leur demander d’emblée d’avoir une conversation positive, il faut déjà informer les autres acteurs du bloc opératoire sur la nécessité de s’intéresser au patient et de communiquer avec lui sur des sujets n’ayant absolument rien à voir avec ce pourquoi il est là (ex: vous habitez ou? vous avez un jardin? vous avez des enfants? etc…..). Ensuite il faut cibler les différents acteurs du bloc et leur donner des phrases à modifier, phrases que ces personnes utilisent fréquemment (ex: expliquer à l’IBODE qu’il ne faut plus dire « je vais vous mettre une plaque, ça va être froid » ou à l’IADE de ne plus dire « je vais piquer » etc…)
      Ca se fait par étapes. Bien sur il y a aussi les éléments qui ne dépendent pas de nous ex: le brancardier en retard, le chirurgien de mauvais poil ou en retard, les annulations, les problèmes de matériel etc…. Pour pouvoir faire de l’hypnose il faut avoir une logistique et une organisation parfaite et étudiée pour (c’est pourquoi on fait plus facilement de l’hypnose en clinique qu’en CHU….)

  5. EURIAT Candice dit :

    Bonjour,
    IADE dans un CHU je pratique cette hypnose conversationnelle tous les jours et vraiment j’y voit un réel bénéfice pour mes patients. Juste un petit truc qui ne fait pas adhérer les gens mais qui permet qu’ils parlent moins fort (pour ne pas dire autre chose) lors de l’induction. Je me penche à l’oreille de mon patient et je lui parle tout doucement soit sur un sujet de son choix soit « vous aller vous sentir planer c’est très agréable laisser vous aller »… Ceci permet 2 choses : -le patient ne se concentre que sur ta voix pour entendre ce que tu dis et occulte le bruit dans la salle – les gens se taisent ou font moins de bruit car ils sont curieux de savoir ce que tu lui racontes.
    Un second petit truc car rappelons que pour tous les patients (ou presque) c’est la même chose: ils ont peur de ne pas se réveiller. Quand je les endors je leur dis toujours « on se revoit tout à l’heure en salle de réveil »; inconsciemment ça leur permet de garder un lien avec nous et d’être sûrs qu’ils vont se réveiller.
    En tous cas ton article est vraiment génial et j’espère qu’il fera changer d’avis beaucoup de monde! Merci beaucoup!

  6. severine dit :

    C’est super rassurant et humainement confirmant de vous lire, vous les pros de la santé avec de telles préoccupations et actions concrètes. Merci à vous, si un jour je dois vivre une expérience de bloc, je croise fort les doigts pour tomber sur des gens super comme vous!!!! en attendant merci pour les autres!!! Lachez rien vous êtes précieux(ses)!!

  7. Ludo dit :

    Très bonne vidéo. J’ai toujours des difficultés avec le fait de ne pas dire quand je vais faire mal. Certains médecins qui sortent des formations hypnoses sont carrément passé à ne rien dire ce que je considère comme très mauvais. Ne pensez-vous pas que des déviances sont possibles de la part de médecins ou infirmiers? Les moins empathes de mes collègues sont-ils les plus à mêmes à faire de l’hypnose conversationnelle?

    • Edvard dit :

      Tout d’abord, nous sommes des professionnels de santé, si nous avons fait ce métier, c’est que nous avons un minimum d’empathie pour autrui. Tout le monde peut faire de l’hypnose conversationnelle a des degrés divers. Bien sûr il existe toujours des exceptions, des personnes n’ayant aucune empathie et qui travaillent quand même dans le milieu de la santé. Pour ceux là, ca ne sert à rien de se battre.
      Ensuite, bien sûr la dérive est de ne plus rien dire. Vos collègues en sont encore à la phase d’apprentissage et des test (moi aussi d’ailleurs). Il est facile de se dire qu’il ne faut plus rien dire, mais comme vous je considère que c’est néfaste au bien être du patient.
      Prenons l’exemple de l’injection de propofol : en général on entend dire « ca va faire un peu mal » ou « ca va brûler un peu mais c’est normal ». On est tous d’accord pour dire que c’est une mauvaise approche à avoir. L’opposé est également à éviter : ne rien dire du tout au moment de l’injection de propofol peut être source d’angoisse pour le patient. Si personne ne dit rien et que le patient a mal, il va se demander : »pourquoi ca fait mal? » « la perfusion passe pas? » « ils ont injecté le mauvais produit etc….. » Dans le sens inverse c’est vrai aussi, si on veut prévenir le patient que ca va faire mal et qu’il ne sent rien du tout il va se demander pourquoi il a pas eu mal –> le produit n’a pas fait effet = l’anesthésie ne va pas marcher.
      Mon approche personnelle consiste à faire du « floutage de gueule » comme je l’ai appris = suggérer au patient qu’il va peut être sentir qqchose ou peut être pas = faire de la confusion
      ex : « vous allez peut être sentir un peu de chaleur agréable dans le bras, ou dans la jambe, ou dans le ventre, ou peut être au niveau du visage ou peut être pas…. » –> ca lui suggère que si il sent qqchose, c’est normal, si il sent rien c’est normal aussi. A noter que je dis chaleur et non pas brûlure ou picotement
      Ca peut s’appliquer à plein d’autres situations.

  8. ACT dit :

    Bonjour, votre article est super, ces vidéos méritent d’etre diffusées en formation initiale auprès de tous les futurs professionnels de santé ! Je diffuserai !

  9. Bonjour, cet article est (comme ceux que vous avez déjà mis en ligne) est passionnant et me fait beaucoup réfléchir à ma propre pratique en tant qu’IDE en réanimation. N’ayant pas eu de formation de ce type j’ai plutôt l’habitude, suite à ce que j’ai appris pendant mes études, de prévoir le patient de manière « négative » en lui disant qu’il risque d’avoir mal etc etc. Je croyais bien faire, car c’est préférable à ne pas avertir du tout et à surprendre douloureusement la personne, mais la méthode que vous développez ici contribue certainement bien plus à la relaxation, et donc au confort du patient.

    • Pardon pour les coquilles, je voulais dire « prévenir » et non « prévoir ».

    • LeGazier dit :

      Bonjour Olivia, merci pour ton commentaire. En effet c’est la formation qu’on a tous eut de prévenir les sensations « négatives ». Il suffit d’une simple formation de quelques heures pour apprendre à faire l’inverse avec de la conversation hypnotique.
      Ceci devrait être intégré à nos formations d’IADEs et d’anesthésiste-réanimateurs.

  10. Virot Claude dit :

    Bonjour,

    En surfant sur internet, je découvre ce papier simple et efficace sur l’hypnose, la communication.

    Chacune de ces intiiatives favorise la création d’un climat nouveau dans lequel ces stratégies si favorables pour les patients deviennent naturelles.

    A suivre et poursuivre

    Dr Claude Virot, directeur Emergences.

    Ps : je ne sais pas si vous avez été formé avec notre équipe d’Emergences,? Si oui, c’est un beau témoignage de la qualité de nos formations. Si non, c’est un beau témoignage de la qualité de l’enseignement que vous avez reçu.

    • Edvard dit :

      Merci pour votre commentaire. En effet j’ai été formé par l’équipe d’Emergences. J’essaie par l’intermédiaire de mon blog de transmettre une partie de ce que j’ai pu apprendre, même si la pratique reste le seul moyen d’apprendre et de se familiariser à l’hypnose.

  11. Sveta Soumsa dit :

    Oh la la! Si j’avais été le patient dans la première vidéo je crois que je me serais levée en disant « merci, mais ma hernie en fin de compte je vais la garder! » C’est l’angoisse totale!!!
    Ce n’est pas aussi oppressant en réalité, si?
    Je suis étudiante IADE et j’ai beaucoup de mal à faire coopérer les collègues quand je suis en stage… Ils ont leurs habitudes ce qui est normal et j’ai les miennes, j’essaie de me mettre dans les meilleures conditions parce que je suis parasitée moi-même par les bruits et l’environnement… Mais ce n’est pas toujours facile!
    Lors de mon dernier stage d’ailleurs, (dernier jour et dernière induction pour moi), on avait le temps j’ai papoté tranquillement avec la patiente, elle se voyait sur les plages de Guadeloupe avec sa petite famille. Je me suis dit chouette, ça va être top je sens qu’elle se détend…Et bien ç’a été l’une de mes pires inductions, c’est parti en vrille pour une histoire perfusion que personne n’a réussi à poser sauf le MAR avec un peu de Sévo, il braillait déjà en rentrant en salle parce qu’on était trop lents (l’IADE et moi, mais surtout moi) la dame se déperfuse parce qu’elle se réveille en toussant car plus de Sévo, du sang partout, le MAR qui insulte tout le monde: la grosse cagade! Bon je passe les détails mais c’est vite devenu l’enfer.
    Je suis partie de là la boule au ventre…!
    Je partage avec mes collègues de promo! Ce blog est top, merci!

  12. Pauline Vander Cruyssen dit :

    Bonjour, dans le cadre de mon mémoire de fin d’études je recherche des IDE pratiquant la communication thérapeutique, l’hypnose conversationnelle lors d’un soin en service ayant pour but de diminuer la douleur induite, afin de pouvoir répondre à mes questions
    Pouvez vous me contacter par mail : pauline.vandercruyssen@yahoo.fr Merci d’avance

  13. Anonyme dit :

    Bonjour,
    Super ces supports vidéos
    Je suis IADE et pratique l’hypnose au bloc op et en consultation dl j’ai utilisé ces superbes vidéos pour faire une présentation aux équipes
    Elles sont vraiment parlantes….
    Merci pour ce chouette travail

  14. AID Dalila dit :

    bonjour, je suis actuellement en formation IBODE et mon mémoire serait la communication thérapeutique et son impact sur le personnel. pouvez vous me contacter afin qu’on puisse échanger.
    si des IDES peuvent me donner leur ressenti par rapport à la pratique de la communication thérapeutique au bloc
    cordialement
    dali.dalou@live.fr

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