L’hypnose, un phénomène naturel et spontané

10 réponses

  1. carabin dit :

    Coucou!
    Merci pour ton article sur l’hypnose! j’aimerais faire AR et l’hypnose c’est vraiment un truc qui me botte a mort!! Des petites questions techniques:
    – C’est un DU ouvert des la première année d’AR? il faut être inscrit a paris obligatoirement ou alors on peut se déplacer dans l’année sur les lieux de DU?
    – L’hypnose directive, dans le DU on l’apprend? Quelles sont selon toi les limites de l’hypnose directive? on peut demander a quelqu’un de faire des choses contraire a sa morale ou a sa volonté?
    – C’est vrai l’histoire du claquement de doigt/du mot clef pour retomber instantanément en état de transe ou pas?
    Merci pour les réponses!
    PS : on a toujours pas la réponse du cas du reveillon 😉

    • Edvard dit :

      Salut!
      1) Pour l’hypnose il existe des D.U. (je ne connais pas les modalités), mais moi ce que je fais c’est la formation Emergences, qui est une formation qualifiante qui a lieu 1x/an à Paris ou à Rennes. L’avantage de cette formation par rapport au D.U. est le nombre d’heures d’enseignement et le recours à des exercices pratiques qu’on fait entre participants à la formation à chaque fois qu’on nous présente une nouvelle technique. Globalement, j’ai l’impression que les gens qui se forment à l’hypnose, le font principalement au travers de cette formation et moins au travers des D.U.

      2) L’hypnose directive n’est pas franchement utilisée en hypnose médicale. Comme je l’ai dit, seul 10-15% de la population est hautement suggestible et serait réceptive à ce genre d’hypnose. En plus l’hypnose directive va un peu à l’encontre de l’éthique médicale, on ne veut pas imposer une hypnose au patient, on préfère lui donner des éléments/des outils qu’il va prendre ou ne pas prendre et s’induire lui-même en état d’hypnose. Notre rôle d’hypnothérapeute est un rôle de facilitateur. En effet, comme je l’ai dit, la transe hypnotique est un phénomène naturel (qui n’est jamais parti en « transe » en écoutant de la musique, en regardant un paysage magnifique ou une belle peinture???)
      L’autre chose c’est que malgré ce concept d’hypnose directive, il y a toujours une petite part de la conscience qui évitera à la personne hypnotisée de faire n’importe quoi : on n’est jamais totalement en transe hypnotique, ni totalement en conscience « critique » = conscience réelle ici et maintenant. Par exemple, Messmer dans un de ses spectacles à essayer de faire fermer la mâchoire au présentateur de TV, sauf que ça n’a pas fonctionné car la conscience du présentateur lui disait : il faut que tu gardes la parole pour continuer à présenter l’émission. On ne peut donc pas faire faire n’importe quoi aux personnes. Les personnes qui sont hypnotisées de cette manière adhèrent déjà à la technique ce qui favorise l’hypnose.
      Il y a cependant 1 technique qui est un peu directive qu’on nous a montré = la technique de spiegel ou on « dirige » la respiration et la focalisation du patient avec son index…ils nous l’ont montré , c’était filmé dans un bloc sur une patiente devant subir une coloscopie qui était super anxieuse…ca fonctionne, après quelques minutes d’induction de transe hypnotique, l’hypnothérapeute est parti en laissant la caméra tourner: la patient restait calme et en état d’hypnose

      3) L’histoire du claquement de doigt etc… je sais pas. C’est probablement vrai, mais encore une fois ça ne marche que sur les personnes hautement suggestibles qui adhèrent à cette technique et ont déjà été hypnotisées avant pour vérifier que ça marche. Bref ça marche pas pour tout le monde, uniquement dans une petite partie de la population et sous certaines conditions

      • carabin dit :

        Merci pour la réponse! Je me renseignerais l’année prochaine.
        Ca pourrais tout de même être hyper pratique si pour 10% des patients, il suffisant de claquer des doigts pour les endormir après une première séance d’hypnose directive et de reclaquer des doigts pour les reveiller…. Après consentement évidemment! Sauf si c’est une jolie nana, et que l’on se trouve dans un bar…. XD

        • Edvard dit :

          Oui ça serait pratique, ça sera l’anesthésie on/off (comme les ampoules ou en claquant des mains elles s’allument ou s’éteignent) !! Mais encore une fois, les personnes chez qui ça marche 1) hautement suggestible ce qui nécessite de les screener avant et 2) elles ont déjà été hypnotisées avant donc elles adhèrent totalement à la technique

          Au bloc opératoire, les patients sont anxieux, stressés, ils ont froids , ils sont dans une « transe négative » = vision négative en mode cercle vicieux (je vais avoir mal, j’ai peur, mon mari va me quitter, mon boulot c’est de la merde ….)
          Je suis pas sur que chez eux, une hypnose directive fonctionnerai bien. D’autant plus que certains patient te disent qu’ils veulent bien l’hypnose à la consulte d’anesth, par contre quand ils arrivent au bloc, ils ne la veulent plus = trop de stress, perte de la motivation et de l’adhésion à la technique –> donc soit on essaie de les remotiver, soit c’est AG!

  2. pasiphae dit :

    super, merci beaucoup pour cet article, j’ai hâte de voir les autres!

    j’étais à la session sfar jeunes sur l’hypnose l’an dernier, et c’était très intéressant… Mais malheureusement je ne l’ai jamais vue utilisée en pratique…

    • Edvard dit :

      c’était probabement les mêmes formateurs d’Emergences qui étaient présents pour la session star jeunes. Ce que j’ai écrit dans l’article doit donc t’être familier!!

  3. Rhazelovitch dit :

    C’est intéressant, et sûrement une autre méthode d’avenir ( zéro invasivité, épargne potentielle de nombreux agents anesthésiques dont diminution de la iatrogénie et ses nombreux risques ). Je l’ai surtout vu utilisée avec succès sur les enfants, et j’essaie d’inclure à ma pratique des conseils de pseudo-hypnose conversationnelle ( plutôt des  » trucs et astuce  » que de l’hypnose véritable ) que m’ont donné des collègues plus habitués de la chose, quand je m’occupe d’un enfant.

    En tout cas j’en entends de plus en plus parler ces dernières années, et dans plusieurs spécialités différentes, j’ai l’impression que ça devient à la mode chez les jeunes médecins. Tu nous diras l’évolution de ta pratique avec / sans hypnose !

    • Edvard dit :

      Oui, ce qui est magique c’est que l’état hypnotique est un phénomène on/off = une fois qu’on a réassocié les patients, ils reviennent en état de conscience critique et récupère toutes leurs capacités cérébrales et physiques. Une étude a d’ailleurs montré qu’en SSPI, même si le score d’Aldrete était compatible avec une sortie de la SSPI, certains patients n’étaient même pas capables de faire une addition simple = effet prolongé des benzodiazépines. Donc on fait sortir ces patients en ambulatoire, alors qu’ils n’arrivent même pas à faire un calcul simple. Avec l’hypnose, il n’y a pas d’effet prolongé. Pour les patients hospitalisés il est possible de les laisser en transe hypnotique en SSPI jusqu’à ce qu’ils remontent dans leur chambre d’hospit et d’aller les réassocier après en prenant le temps = permet de garder le bénéfice de l’état d’hypnose sur la douleur etc….

      Sur les enfants ça marche du tonnerre, ils sont en général très réceptifs (surtout si on fait du mirroring, pacing etc….)
      Comme tu dis la « pseudo-hypnose conversationnelle » c’est ce qui est le plus intéressant. Un des formateurs nous disait que 80% de sa pratique d’hypnothérapeute ne consiste qu’en l’utilisation de technique d’hypnose conversationnelle ( douleur aigue, réduction de l’anxiété pour l’ALR, avant une AG etc…) et que l’hypnose « pure » pour un geste chirurgical ne représente que 20% de sa pratique, et dans ce cas ce sont les patients qui lui font la demande et non lui qui l’impose.
      Les techniques d’hypnose conversationnelle peuvent être integrées dans toutes les spécialités médicales et paramédicales, c’est juste une façon différente de parler aux gens et de se comporter : les patients veulent juste être écoutés et avoir de l’attention, c’est ce qui les soulage le plus. Nous, en tant que médecin-technicien, nous sommes trop dans nos check-lists, scores de prédiction, rationalisation, nous manquons cruellement de sensorialité (après ça dépend de chacun et aussi de l’état de fatigue physique et morale de chaque praticien).
      Mais rien qu’en changeant un petit peu notre attitude envers les patients on peut en effet améliorer grandement leur confort et leur satisfaction, ainsi que d’éviter des situations « tendues » et de gagner du temps!

      Moi je vais déjà commencer par changer mon discours et ma manière de parler au moment de la préoxygénation (= voix hypnotique sur le temps expiratoire en surveillant la capno), j’expliquerai ça dans un article futur!

  4. nfkb dit :

    C’est marrant j’ai envoyé ma lettre de motivation pour le DU cette semaine 🙂

  5. Suzik dit :

    Salut,

    merci pour ton article…

    je suis interne en AR et je me suis « mis » à l’hypnose/communication thérapeutique en tant qu’autodidacte après avoir travaillé avec plusieurs collègues qui pratiquaient eux même l’hypnose (IADE et MAR).
    La prochaine étape est de m’inscrire à la formation Emergences, mais par-contre je trouve le prix de la formation assez exorbitant….comment as tu financé ta formation ?

    Merci

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