Sauvez une vie avec un scalpel : la trachéotomie de sauvetage

19 réponses

  1. Vincent dit :

    J’y ajoute une sonde armée, bien plus pratique à gérer qu’une sonde classique dans ce genre de situation.

    • Edvard dit :

      Pourquoi plus pratique à gérer? Parce que moins de risque de la couder lors de l’insertion? L’autre problème que je vois c’est qu’avec une sonde armée, l’insertion peut être plus difficile qu’avec une sonde normale, la sonde armée étant un peu moins rigide, on peut alors moins « forcer » l’insertion à travers l’incision.

  2. Rhazelovitch dit :

    Expérience locale et perso:

    Nous sommes entraînés via la formation « AIRWAY » dispensée au national, à la pose de kit de crico par la méthode de Seldinger, en cas d’échec des méthodes sus-dites dans l’algorithme d’oxygénation.

    En 3 ans il y a eu 3 recours à cette méthode chez moi, aucune en déchocage, toutes en préhospitalier ( donc dans des conditions de stress et d’ergonomie encore pire qu’en déchocage hospitalier ), toutes ont réussi.

    Je ne pense pas qu’il faille trop diaboliser la seldinger en pensant qu’elle est vouée à l’échec en situation de stress, elle est d’ailleurs toujours largement enseignée dans les formations d’intubation difficile.
    En revanche ta méthode est intéressante notamment car elle ne demande aucun kit / matériel particulier ( une lame, un doigt, une sonde d’IOT, on en a tout le temps à portée de main ) et qu’elle est assez intuitive et rapide d’exécution.

    J’ai souvenir d’une IOT très difficile en déchocage où j’étais arrivé en 3e renfort après 1 ACR hypoxique, difficilement récupérée au BAVU chez un patient quasi-impossible à ventiler, il n’y avait plus de kit de crico en dotation. J’avais péniblement réussi l’IOT par voie haute, mais en cas d’échec, sans les kit consacrés, je ne sais pas si je me serais lancé dans une trachéo à la sauvage. Avec ces vidéos je sais maintenant que je n’hésiterai plus. Merci !

    • Edvard dit :

      Salut!!

      Merci beaucoup pour ton rapport d’expérience. Comme je l’ai dit, personnellement je n’en ai jamais pratiquée mais j’en ai vu quelques unes. Une qui m’a fortement marquée, a été réalisée au dechoc: patient avec ATCD de Néo de la langue avec radiothérapie, amené par le SMUR pour hémorragie massive intra-buccale sur récidive du néo.
      Le patient désature, est en détresse respi (accessoirement aussi en choc hémorragique)
      Echec de 2 tentatives d’IOT par le MAR du déchoquage = aucune visualisation, laryngoscopie extrêmement difficile etc…. l’ORL se ramène avec sa lame droite, il se fait à moitié virer par le MAR qui dit, et il avait raison, que même avec une lame droite c’est impossible, il ne voyait absolument rien.
      Le MAR prend un kit de trachéo et essaie de planter l’aiguille : la ponction est extrêmement laborieuse et difficile, du fait de l’ATCD de radiothérapie, finalement après plusieurs essais il y arrive, ce qui permet de l’oxygéner suffisamment et éviter l’ACR (mais il est pas passé loin, je me rappelle plus des chiffres de Sp02 mais ca faisait peur).
      La je me dis avec du recul, dans une situation catastrophique comme celle ci, un bon coup de scalpel et une trachéo permettant l’insertion d’un tube pour oxygéner ET VENTILER correctement le patient, ca aurait été plus simple et peut être plus rapide.

      Bien sûr j’imagine que la seldinger pour la trachéo est efficace, elle n’a pas été recommandée pour rien et comme tu nous le dis, elle est parfaitement utilisable et efficace même en préhospitalier.
      En lisant pas mal sur ce sujet et en écoutant les podcasts de Scott Weingart, j’ai été convaincu des multiples arguments qu’il avance pour la réalisation d’une trachéo chirurgicale.
      Les avantages , que j’imaginent,d’une trachéo chir par rapport à une trachéo seldinger sont:
      – Technique « basique » et simple, pas besoin de beaucoup de matériel, on peut trouver un scalpel, un tube et un doigt partout dans l’hopital.
      – Cette technique permet l’insertion d’une SONDE d’intubation et de protéger les VAS, alors que le seldinger sert surtout à oxygener en mode jet-ventilation.
      – Anatomiquement parlant, si on est au bon endroit, il y a très peu de risque de léser des structures de voisinage, donc autant y aller franchement avec un scalpel qu’avec une petite aiguille.
      – L’argument de « en situation critique, l’utilisation d’un scalpel est plus simple et « basique » qu’une aiguille avec un guide, me semblait pertinent, surtout pour ceux qui sont moins habitués à la technique de Seldinger (Urgentistes).
      – L’apprentissage de la technique est peut être plus simple, ca s’est déja vu des gens qui introduisait l’aiguille vers le haut = ca sert à rien.
      – Pour les patients ayant des repères difficiles (obèses, radiothérapie, oedème….) cette méthode « un peu bourrin » avec une incision large permet peut être de repérer la membrane plus facilement qu’en essayant de ponctionner à plusieurs reprises le cou en cherchant cette fichue membrane!!

      Encore une fois, ce n’est qu’un avis subjectif et hypothétique de quelqu’un qui n’en a jamais fait. Il faut aussi arriver à franchir la barrière mentale de « je prends ce scalpel et je lui ouvre le cou », alors qu’en pratique c’est simple.

      Pour les 3 recours à cette méthode dans ton centre, sais-tu quel type de kit a été utilisé? Dans quelles situations ont ils été utilisés (ACR? Oedème des VAS? Hémorragie des VAS? Obèse?)

      Si d’autres ont des retours d’expériences sur la réalisation de trachéotomie percutanée ou chirurgicale je suis preneur!

      • Rhazelovitch dit :

        Pour ce qui est des situations:

        – Anaphylaxie avec oedème de Quincke
        – Un néo ORL presque totalement obstructif
        – Un trauma maxilo-facial complexe et hémorragique

        Pour ce qui est des kit exact, les dotations ont changé plusieurs fois entre temps alors je pourrais pas trop dire lesquels étaient lesquels à ces moments… on a eu les kit de cook ( Melker emergency crico set ) et les Mini-trach II.

        Après l’avantage de la méthode que tu montres, c’est que si la méthode Seldinger foire ( donc contexte de double échec d’autre méthode, contexte en plus d’algorithme d’oxygénation donc toujours cata ), on a encore une cartouche en main et qui a de bonnes chances de réussir.

        D’ailleurs les kit crico à la base étaient fait pour ça, pour avoir une autre cartouche en main en cas d’échec d’IOT voie haute ou autre dispositifs supra-glottiques. On a jamais trop de cordes à son arc surtout dans des algorithmes ou échec final = décès du patient.

        Mais franchement avec les recos qui évoluent de plus en plus vers la généralisation d’actes décrits autrefois comme strictement chirurgicaux ( cf la thoracostomie pour l’abord pleural y compris préhospitalier, consacré en février 2015 par la SFAR/SFMU ) parcequ’on se rend compte qu’il n’y a pas plus de morbidité, que ça marche mieux, et que le verrou à faire ces geste est surtout mental pour peu qu’on soit un minimum formé, je ne serais pas du tout étonné que la méthode que tu montres arrive dans nos référentiels d’ici quelques années.

        Ça serait encore une victoire du FOAmed internet sur les sociétés savantes 😀

        • Edvard dit :

          Toutafait, ca peut être totalement envisageable en situation de « double échec »., mais comme tu dis peut être que cette technique sera finalement incorporée dans les algorithmes d’intubation et de ventilation difficile.

          En ce moment je m’intéresse pas mal à la traumato « militaire » : on se rend compte que beaucoup de nos prise en charges en traumato civiles sont influencées, voire directement tirées de la traumato de guerre. Par exemple les ratios transfusionnels, ca viens de la guerre en Afghanistan ou ils ont observés que les soldats transfusés avec un ratio 1:1 survivaient plus que les autres –> ca été transféré à la médecine civile avec la réalisation de grosses études qui ont finalement abouti à des recos.
          Pareil pour l’abord intra-osseux, quand on regarde des documentaires sur les équipes d’extractions paramédicales militaires, on voit qu’ils s’emm…. pas trop avec des VVP, s’ils arrivent pas à poser la perf ou que c’est trop inaccesssible –> Intraosseuse dans l’humérus (avec l’aiguille jaune specialement developpé pour les militaires car ils ont « de gros deltoides »). De même pour les garrots, maintenant tout soldat à un « tourniquet » sur lui qu’il apprend à utiliser, car maintenant on ne parle plus de la « golden hour » mais des « platinum 10min » qui sont critiques (d’ou l’idée du tourniquet…maintenant recommandé dans les guidelines européennes sur le choc hémorragique)
          Pour la crico chirurgicale, elle est enseignée dans les « Pararescue Forces » la technique seldinger n’y est pas mentionné (cf la vidéo que j’avais mise sur FB : si un PJ avec un casque et des gants de combat arrive à la faire sans problème dans un hélico en vol….nous qui sommes plus habitués que lui à manier le scalpel on devrait aussi y arriver).

          Le cheminements de ces nouvelles stratégies/techniques en traumato est intéressant : l’idée germe dans la tête des médecins militaires qui sont souvent reservistes et ont donc une activité civile, puis ils la testent sur un théatre d’opération militaire, puis la transfèrent au contexte civil, avec réalisation d’études randomisées pour valider ces techniques.
          Bref, je pense qu’il y a plein de choses à apprendre de la traumato militaire = droit au but, on se complique pas la vie; on fait ce qui est le plus simple et le plus rapide (= Crico chir, Intraosseuse etc…)

          Et oui le FOAMed c’est l’avenir ^^

          • Rhazelovitch dit :

            Yep tout à fait d’accord avec ton analyse, d’autant que j’ai un pied dans le civil et un dans le militaire. Dans la traumato ça a toujours été: expérimentation sur théâtre de guerre avec afflux massif de victimes graves => observations => transpositions timides sur le milieu civil => guidelines définitives en voyant que ça marche.

            La PEC du choc hémorragique a fait un bon prodigieux après la guerre du vietnam, la guerre du golfe a apporté au moins autant de nouveaux éléments ( notamment les garrots SOFT tourniquets comme tu le disais, autrefois seul apanage des forces spéciales US, puis toutes les forces spéciales, puis tous les soldats des armées occidentales, puis enfin le civil… et maintenant on en a un dans chaque sac de SMUR chez nous ), et ce sont les militaires qui ont créé la notion de damage control ( ramenée par les chirurgiens de la NAVY dont l’idée est venue de la manière dont on rafistolait les bateaux pour revenir au port en flottant ).

            Il reste encore de nombreuses choses fantastiques pas encore passées dans le civil, surtout en extrahospitalier. Les PFC iophilisés pour la transfusion 1:1 de l’extrême-avant sans soucis de stockage ou de décongélation, la transfusion sang total ( potentiellement pour médecine de catastrophe ), l’hémostase de plaies jonctionnelles par les Combat Gauze ( gazes de bourrage imprégnées de Koalin pro-coagulant seules capables d’agir sur des plaies impossible à comprimer et à garroter que les algorithmes civils n’envisagent même pas ) etc etc…

            A l’heure actuelles c’est surtout dans les HIA (hôpitaux militaire) qu’on voit utiliser les thromboelastométrie (ROTEM) à l’accueil des traumatisés grave, en biologie délocalisée par une petite machine a-même le déchocage.

            Bref, ta méthode de trachéo est en tout cas désormais un « achievement unlocked » de mes algorithmes catastrophe.
            J’espère trouver le temps de faire un potentiel futur billet sur les moyens d’hémostase préhospitaliers dont certains peu employés actuellement dans le civil.

  3. nfkb (@nfkb) dit :

    super topo ! il va vraiment falloir que je me booste le cerveau pour aller écouter ces podcasts en anglais…

    Sinon la vraie difficulté de ces trucs là je pense c’est leur rareté… en médecine on n’est pas bon pour s’entrainer aux trucs rares (contrairement aux pilotes) je ne sais pas pourquoi…

    Après il peut y avoir des situations vraiment casse gueule… où la coordination du travail en équipe peut sauver le patient : une vraie coordination chir/anest en cas d’hématome post thyroïdectomie ou kyste du tractus thyréoglosse par exemple est primordiale

    PS et vivement le blog de Rhazelovitch

    • Edvard dit :

      Bonne remarque, en effet c’est la rareté de ces évènements qui font qu’on se sent un peu démuni lorsqu’ils surviennent, d’ou l’intérêt de la simulation et de ce genre de podcasts/vidéos permettant de voir ces techniques en action. Ca permet de les démystifier un peu!!
      Après dans le cadre de situation extrêmement casse-gueule comme l’hématome post thyroidectomie ou le néo de la langue, certains diront que la solution est l’intubation vigile ou la trachéo vigile…seulement on a pas toujours le choix!

      En tout cas ces podcasts sont assez géniaux, j’aime bien sa vision des choses.
      Et +1 pour le blog de Rhazelovitch, moi j’attends avec impatience le PrimeTime!!

  4. Greg Lotus dit :

    Bonjour, encore une fois un bon petit topo fort intéressant et qui reste potentiellement d’actualité pour tout anesth qui se respecte : bravo ! Pour moi, les intérêts de cette technique au mandrin eschman sont triples :

    – en général, le mandrin d’eschman est disponible, en salle et en général il est même sur le ventre du patient, déjà sorti de sa pochette car s’il s’agit d’une intubation difficile (par définition, on a souvent déjà essayé par voie orale en s’aidant du mandrin avant de se diriger vers le cou… encore faut il penser à ne pas le foutre a la poubelle après échec de laryngoscopie),
    – nos mandrins d’eschman (en tous cas les nôtres) sont creux et permettent au choix, soit de brancher le capno au bout pour s’assurer qu’il est bien arrivé dans la trachée (si le malade respire encore) , soit de brancher de l’oxygène pendant le geste afin de booster un peu l’oxygénation du patient (faut il encore penser à raccorder le tuyau au mandrin …) ,
    – l’eschman , on s’en sert quasi tous les jours chez nous, on le connait par coeur… un peu comme un « naissain » pour un enfant : ça rassure surtout au moment de passer aux choses sérieuses (la tracheo) !!

    J’ajouterais quelques astuces (ou rappels utiles) à ton sujet de « tracheo à l’arrache » façon anesth’ couillu :

    1/ appeler un collègue immédiatement (pour gérer le respi, le matos etc etc… mais tu es sensé l’avoir déjà fait dans l’algorithme de l’intub difficile) ,
    2/ appeler « l’ORL en urgence vitale » : c’est lui le plus habitué à faire des tracheo, et à les réussir rapidement , sans faire saigner la rage et avec 99,9% de succès (en tout cas chez nous)… donc si ton patient n’est pas « super-catastrophique » (en arrêt ou proche de l’arrêt hypoxique), qu’il ne saigne pas dans ses bronches, que tu as une petite VS et que le masque suffit à le maintenir en vie (en « survie » dirons-nous), il est parfois plus raisonnable de sortir ton matos ET la « boite ORL tracheo » , mais d’attendre 3 minutes que l’ORL arrive en courant dans le bloc et fasse les choses super bien plutôt que de se lancer dans un geste que tu ne maitrise pas bien et qui peut faire basculer le malade vers l’arrêt complet … tout est question de dosage et de feeling : « j’arrive a le maintenir en survie ou pas ??? » : that is the question !!! (ce qui n’empêche pas de poser ton mandrin, le scalpel et ta sonde sur le plateau du respi, à portée de main, prêt à « faire feux » à la moindre bradycardie-désaturation profonde).
    3/ demander une aspiration avec canule rigide (bien pratique quand on se prend la thyroïde par mégarde pour aspirer au bon endroit et recommencer à y voir quelque chose),(et si tu es au bloc, penser au billot et à la plaque de bistouri électrique : mettre à contribution tous ls gens autour de toi, avec chacun « sa tache » comme on dit) ,
    4/ garder une ventilation spontanée le plus longtemps possible durant le geste : parfois, quand ça se met à saigner (surtout si tu as pas d’api) , seules les « bubulles » te diront visuellement ou est le trou menant à la trachée : il est paradoxalement plus dangereux de sédater et curariser (ou re-curariser après disparition de l’effet de la celo’ si tu as essayé une IOT juste avant) le patient pour faire ce geste à mon avis !!
    5/ une sonde armée (comme déjà signalé par un collègue) et lubrifiée (lubrispray) de petit diamètre : plus facile à poser (prend plus facilement le trajet du coude du mandrin eschman et du coude au passage de la membrane cric-thyroidienne, moins traumatique et sans risque d’occlusion par coudure si l’angle sonde>trachée est trop aigu… quand on ne s’aide pas de mandrin rigide pour la tracheo, alors la sonde normale (ou mieux : la sonde de montandon) est peut être plus adaptée par contre… à voir… !
    6/ auscultation et aspirations tracheales obligatoires après le geste : très haut risque de ventilation sélective avec barotraumatisme (ça serait ballot de rajouter au pauvre tracheotomisé un pneumothorax par sur pression sur poumon unique fonctionnel car intubé sélectivement) : on a souvent tendance d’être tellement content d’avoir réussi a mettre la sonde dans la trachée que l’on pousse celle ci beaucoup trop loin, à la façon d’une sonde d’intubation orale (alors que gonfler le ballonnet juste après le premier cm une fois inséré dans le trou suffit) et que l’on ventile à gros coups de ballons c’est à dire à très gros volumes (pour faire re-saturer plus rapidement et se rassurer plus vite sur l’état neuro du malade) !!
    Moralité : ne pas laisser tomber sa concentration juste après la pose de sonde dans le cou, même si tu es quasi certain d’être « dans le bon trou » : tout n’est pas fini, d’autant que le ballonnet peut aussi être percé si ton incision était un peu trop petite et que ça a grave forcé pour passer la trachée : Bewaaaaaaare !

    Prévoir une radio thor dès le patient stabilisé (pour les mêmes raisons)…

    Voili (ceci dit, la tracheo de sauvetage, ça reste éternellement dans ta mémoire, et c’est pour ça que c’est bon !! 😉 )

    • Edvard dit :

      Merci pour ton commentaire!! Pleins de bonnes idées et de points importants à retenir!

      Comme tu dis, il faut bien rappeler que la première chose à faire c’est appeler de l’aide!! Ceci fait partie de l’algorithme de l’IOT difficile. On essaie d’apprendre ça en simulation haute fidelité: on est tellement dedans qu’on oublie qu’il y a des personnes autour de nous pour nous aider. Il faut toujours penser à appeler de l’aide, soit nos collègues anesthésistes soit carrément le chirurgien = pour masser ou tenir le masque, comme ça , ça l’occupe!!!

      Bien entendu, appeler les ORL à la rescousse!! Certains vont peut être être sceptique et vouloir sortir leur lame droite pour aller voir, même si tu leur dis que l’IOT est vraiment impossible.
      Ce qui m’a séduit dans cette technique, c’est sa simplicité et sa « relative » sécurité si on vise bien. Une fois qu’on passe la membrane crico-thyroidienne on est limité par du cartilage de chaque côté, donc aucun risque de faire une plaie avec le scalpel.
      Bien sûr, j’ai pas écrit cet article pour que tout le monde se prenne le scalpel entre les dents et aille faire des trachéo chir à tout va sous pretexte que le patient est difficile à intuber 🙂 !!
      Ce que je trouve bien, c’est que c’est une technique simple, facile à retenir, et qui rassure pour les très rares cas ou le patient ne sera vraiment pas ventilable et qu’il n’y aura pas d’ORL dans les parages (par exemple en préhospitalier ou dans un hopital ou l’ORL est chez lui et pas sur place….)

      Bon point pour le maintien de la VS et la technique des bulles! Scott Weingart décrit d’ailleurs que quand on est au bon endroit, on se prend une petite « giclée » de sang, car l’air sous pression dans la trachée sort tout d’un coup et vu que c’est souvent saignard….donc mettre un masque avec visière et si vous vous en prenez dans la face c’est que vous êtes au bon endroit… (non, il n’y a pas de sous-entendus…..)

      Et puis, faut quand même dire qu’on est tous un peu friand de ce genre de choses…plus c’est le bordel, plus on est content (et moi je peux satisfaire mes pulsions de chirurgien refoulé et manier le scalpel!!), même si sur le moment c’est pas la joie, après on a le petit rush d’endorphines !!

  5. Alibaday dit :

    Comme d’habitude super topo et c’est très bien expliqué. J’ai vue une variante de cette technique. Le médecin qui a réalisé une TPC en urgence à déjà oxygéné le patient en mettant un KT de 14 G. Il a connecté une seringue sans piston, puis mis une sonde d’IOT dans la seringue, gonflé le baronnet et oxygéné la victime.
    Dès les 99% de SpO2, il a réalisé la technique que tu décris.

    • Edvard dit :

      merci pour cette technique!! Je la met sur ma liste!
      On a pas toujours l’adaptateur pour le KT 14G ou le manomètre de jet-ventilation avec soi. Une bonne seringue de 20-30cc devrait faire l’affaire en gonflant bien le ballonnet jusqu’à ce qu’il soit bien occlusif. Ingénieux..

  6. Galeo dit :

    Salut,
    J’ai appris l’existence de ton blog par un PUPH membre du bureau de la SFAR (où il a été évoqué…) je suis bien content qu’un francophone se soit lancé dans la traduction et l’adaptation des posts interessants du FOAM world…
    Je suis les posts d’ EMCRIT depuis le post numéro 10 à peu près (il doit en etre à 156 maintenant…) et j’ai envoyé je ne sais combien de liens à mes collègues en leur disant d’aller voir mais toujours la même réponse « ah ben tu sais si c’est en anglais…. »..
    J’ai toujours été surpris que certains de mes anciens collègues se gaussent d’aller dans les congrès internationaux alors qu’ils ne comprennent pas l’anglais parlé sur les podcasts….
    Enfin… l’expérience éducative du FOAM world est trop belle pour passer à coté et bravo pour ton initiative…. Mais bon ça secoue parfois les méninges…. j’ai encore en têtele topo de Richard Dutton http://emcrit.org/lectures/hemostatic-resuscitation/ qui était passé sur EMCRIT où l’ancien chef du SHOCK Trauma Center (Plus gros trauma center des USA, 6000 admissions par an de traumato/Réa chir) expliquait comment il prend en charge un choc hémorragique (à base de Transfusion de PSL et de bolus de fentanyl progressifs pour rétablir la perfusion periphérique)… On est pas exactement dans la philosophie Bicêtrienne….

    Quand au cricothyrorotomies par méthode de Seldinger…. Relire l’étude NAP4 pour voir ce qu’il faut en penser

    Il est toujours instructif d’aller voir ailleurs…
    Bonne continuation…

    • Edvard dit :

      Salut,

      Merci beaucoup pour ton commentaire qui me fait plaisir. En effet le FOAM World est une source inépuisable d’informations et de connaissances précieuses dans le domaine de la médecine. D’autant plus précieuses qu’elle ne passe pas par un « filtrage » lié aux congrès nationaux/internationaux et aux publications. C’est du « peer to peer »!! Bien entendu il faut avoir un esprit critique quand on s’y intéresse et essayer autant que possible de valider ces connaissances par des études (d’ailleurs il existe maintenant des journaux dédiées au FOAM World). En effet le temps que ça prend pour une idée de germer, puis d’être testée puis d’être publiée et présentée dans un journal, c’est beaucoup plus rapide par la voie du FOAM. Surtout qu’en général les sujets traités sont très terre à terre et pratiques, ils ne se perdent pas dans des considérations statistiques et méthodologiques qui personnellement me rebutent beaucoup parfois. Et je comprends aussi ta frustration sur le fait qu’en France, l’anglais soit un obstacle pour progresser et innover…dans tout les domaines d’ailleurs.
      J’espère pouvoir continuer aussi longtemps que je pourrai de partager ce savoir et de le promouvoir. A voir dans ma section des « Liens très utiles » d’autres sites géniaux sur le FOAM.

      A bientôt sur le FOAM World!!

  7. Anonyme dit :

    Article très interessant il m’as appris plein de chose en tant que jeune étudiant en médecine! Je me permet néanmoins de demander (vu que c’est écrit en gras) si les muscles désignés n’élève pas plutot que d’abbaisser le larynx au moment de la déglutition 🙂 .

    • Edvard dit :

      Les muscles sternohyoidiens et thyroïdiens abaissent bien le larynx (l’os hyoïde et cartilage thyroide) au moment de la déglutition. Teste sur toi, quand tu déglutis , ta « pomme d’Adam » s’abaisse.

  8. Anonyme dit :

    Philippe

    très bon article, excellent résumé : vieux routard de l’urgence j’ai été amené à réaliser récemment pour la 1ere fois une cricotomie au Quicktrack en préhospitalier D’accord avec toi, cela n’est pas suffisant, ventilation d’éfficacité incertaine, capnie fluctuante, orifice étroit qui se bouche régulièrement avec les mucosités et le sang, et je pense qu’il faudrait de la jet systématiquement.
    Ta méthode semble simple, surtout depuis que l’on fait la thoracostomie facilement, et je pense beaucoup plus fiable, juste ne pas trop descendre la sonde pour ne pas être sélectif.
    En tous cas félicitations pour ton super blog.

  1. 21/03/2015

    […] Trachéotomie de sauvetage, la mise au point du Gazier (11/03, LeGazier) http://legazier.com/tracheotomie-sauvetage/ […]

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